Le self défense

En février 2011, Pas à Pas ouvrait pour la première fois à Ittre un cours de " self-défense ".
Il nous semblait donc utile de faire le point sur cette discipline peu connue (et peu reconnue), d'expliquer sa philosophie, sa finalité et la façon dont elle est enseignée à Pas à Pas.


Le problème récurrent de la violence est sa relative rareté. Nous évoluons, et en particulier en milieu rural, dans une société fondamentalement pacifique. Il est donc très difficile pour la plupart d'entre nous de s'imaginer " victime d'agression ".
Et pourtant nous ne sommes pas à l'abri de cette violence qui peut revêtir différentes formes.

1. L'agression
On parle d'agression lorsqu'il y a attaque psychologique ou physique (parfois les deux en même temps) d'un individu par un autre.
L'agression physique, qui nous intéresse ici, vise à établir une dominance et est un moyen rapide et parfois définitif pour établir cette dominance.
Les raisons en sont multiples : vol (à l'arrachée, car-jacking, braquage, …), conflit (de voisinage, suite à une bousculade, à un accrochage, à une incivilité, …), dominance pure (entre conjoints, dans la cour de récréation, pour affirmer sa propriété ou son territoire, …) … etc.

2. L'agresseur
Un agresseur, lorsqu'il attaque, est animé du double objectif suivant : écraser la victime et ne pas être blessé lui-même. Sinon, il n'attaquerait pas, ou il attendrait, ou il choisirait une autre victime... Par conséquent, l'attaque tend à n'avoir lieu que si pratiquement tout est déjà en faveur de l'agresseur, et seulement à cette condition. Il cherche une victime, pas un combat.
Cela implique 2 notions fondamentales :
1. il ne faut jamais sous-estimer la dangerosité d'une altercation qui tourne à la bagarre.
Excepté les rares cas de personnes sous influence de l'alcool ou de la drogue, les individus violents ne sont pas des incompétents qui frappent au hasard.
2. Si on en arrive au point de devoir se battre, on ne sait jamais a priori jusqu'où l'attaquant est capable d'aller lui-même dans l'escalade de la force pour dominer (utilisation d'une arme cachée, arrivée d'autres agresseurs en soutien, compétences particulières en combat de rue).

3. La réponse : le self-défense (ou auto-défense)
L'objectif stratégique fondamental du défenseur est simple : ne pas être blessé par la violence. Son application pratique l'est hélas beaucoup moins !
Personne n'a besoin d'une ceinture noire pour sortir intact d'une attaque. Et une ceinture noire ne garantit à personne une protection absolue. Elle signifie seulement que l'élève a atteint, dans un cursus d'art martial spécifique, le niveau technique nécessaire à survivre ... à l'examen de passage de la fameuse ceinture !
Les compétences de combat rapproché urbain sont destinées à tout le monde, et pas simplement aux athlètes capables de faire le grand écart, ou à ceux ayant la possibilité de passer quatre soirs par semaine dans une salle d'entraînement.
Pour assurer un enseignement efficace, il convient dès lors de respecter les exigences suivantes :

Etre simple à comprendre, simple à apprendre et simple à reproduire : le cœur du concept doit fonctionner intégralement en quelques mois. Il pourra être affiné ensuite. Cela suppose qu'il s'appuie en priorité sur les basiques, avant d'inclure des éléments techniques plus approfondis.

Etre construit sur les fondations biomécaniques de la motricité grossière : la dégradation des capacités intellectuelles, perceptives et motrices sous l'effet du stress est démontré. Ce qui veut dire que toute technique reposant sur des mouvements complexes risque d'être réduite à néant en terme d 'efficacité.

Fonctionner contre une résistance inverse forte : la technique doit fonctionner sans dépendre de facteurs facilitant sa bonne réalisation : si la technique fonctionne laborieusement à la salle avec un partenaire consentant, qu'en sera-t il dans une situation d'agression réelle ?

Etre polyvalent : armer le pratiquant d'un nombre minimum de gestes de combat généralistes, et potentiellement exploitables, dans un nombre élevé de situations, de distances et d'angles d'attaques.

Reposer sur des déplacements simples : investir dans une garde solide qui permet de rester mobilisé face à une charge importante pour faciliter la riposte et la fuite.


4. L'encadrement
La violence étant difficile à comprendre, l'enseignement du self-défense n'en est que plus complexe. En effet :

1. Les cours se déroulent dans des lieux clos sécurisés et sécurisants, et sont pratiqués avec des " compagnons " connus et généralement pacifiques.
Il sera difficile, voire impossible, d'atteindre le niveau de stress et de violence d'une agression réelle dans ce cadre. Un instructeur expérimenté et chevronné sera donc indispensable pour prodiguer un enseignement en prise avec le réel.
Trop de cours de self-défense sont enseignés par des instructeurs ayant acquis leur expérience " en chambre " voire via des vidéos sur internet !

2. La logique du self-défense (et le texte ci-dessus vous en aura donné un aperçu) est guidée par des principes auxquels nous ne sommes pas habitués à être confrontés. Il faut oublier les images toutes faites du cinéma d'action : la violence réelle ce n'est pas celle-là !

3. Certains praticiens d'arts martiaux traditionnels pensent pouvoir appliquer directement leurs connaissances dans le cadre d'une agression. Cependant, si leurs savoirs leur seront utiles, ils devront vite s'adapter à la réalité des choses : Cependant, il sera intéressant que l'instructeur aie une bonne connaissance des arts martiaux en général afin de pouvoir diriger correctement ces personnes et transformer leurs acquis en gestes opérationnels.

4. Une personne n'est pas l'autre. Dès lors il convient d'adapter la pratique … au praticien. Elle dépendra donc du gabarit de l'élève, de son âge, de son milieu, de son vécu et de la finalité des interventions. Des profils aussi différents qu'un enseignant, des étudiant(e)s en secondaire, une gardienne de prison, un policier, mais aussi et surtout M. et Mme tout le monde, cherchent à acquérir des techniques qui leur serviront et surtout qu'ils pourront appliquer (un enseignant face à un élève menaçant dans sa classe ne pourra se comporter comme s'il s'agissait d'une agression pour vol en rue). L'instructeur aura donc comme objectif d'adapter ses techniques à chacun et à chaque situation, et encouragera l'élève a trouver par lui-même, parmi toutes les techniques enseignées, celles qui lui conviendront le mieux.

A Pas à Pas, notre instructeur Ronald a derrière lui une expérience de 30 ans dans le milieu des arts martiaux traditionnels, sports de combats, mais également techniques de self-défense tels que le Krav Maga, le RDS (Rapid Defense System), etc … C'est grâce à cette expérience et sa mise en pratique durant plusieurs années dans la sécurité (et dès son plus jeune âge dans les rues d'Anderlecht !) qu'il a créé sa propre méthode de self-défense qui répond aux différents thèmes développés dans cet article.

Il est assisté par Jacques, qui a débuté la boxe anglaise il y a plus de 25 ans et s'initie depuis 2002 aux sports de combats et techniques de self-défense (RDS, …).

Le cours se donne tous les vendredis de 18 à19h30. Il est suivi d'un cours " libre " (et gratuit) de 19h30 à 20h00, durant laquelle l'élève a l'occasion de mettre en pratique ses acquis, approfondir certaines techniques, ou s'il le désire se mesurer en combat " amical " (pieds-poings avec protections) avec les autres praticiens ou les instructeurs.
Le cours a donc un but utile mais est aussi une occasion de se détendre, se muscler et s'assouplir dans une ambiance toujours conviviale. Il développe la coordination des mouvements et donne une bonne occasion de se dépenser !

Pas à Pas asbl, Rue Quartier du Tram, 38 à 1460 Ittre - Virginal
Renseignements : 067.84.46.06 - 0477.66.53.32 pasapas@skynet.be - www.pasapas.be

Sources : Neurocombat et RDS